Un beau jour une bande de lycéens versaillais : Nicolas Godin, Jean-Benoit Dunckel, Alex Gopher et Etienne de Crecy  décident d'accorder leurs talents et créent le groupe Orange...
Ils envoient des cassettes de leur cru à des maisons de disque, mais personne ne semble y prêter attention...

Nicolas Godin s'accroche et tout en poursuivant ses études d'architecte il continue à proposer quelques morceaux de sa composition dont "Modular mix" qui trouve oreille attentive en Grande-Bretagne où il intègre même la programmation de la BBC. Fort de succès, il retrouve son ami Jean-Benoit qui le rejoint dans l'aventure AIR : le duo est enfin créé.

L'intérêt pour l'auditrice que je suis était donc d'essayer de retrouver la "griffe" de chacun des deux compères dans les compositions du duo afin de comprendre la mécanique de leur musique, quelle est la pierre de chacun d'entre eux à l'édifice... L'exercice n'est pas évident, Car si Jean-Benoit a signé un album à lui tout seul, Nicolas n'a signé que deux titres de son seul nom dans la discographie d'AIR. De plus, ces deux titres datent de plus de dix ans, le style a bien entendu évolué, mais par amour du "décorticage" (une déformation de littéraire sans doute) je me suis tout de même amusée à faire l'autopsie du duo...

Voici donc mes conclusions (qui n'engage que moi évidemment !) :

godinmodular

Nicolas Godin signe de son seul nom deux titres que l'on retrouve sur Premiers Symtômes (le premier album de Air) . Il s'agit des deux titres écrits en solo avant la composition du duo : "Modular mix" et "casanova 70".
Ces deux morceaux entièrement instrumentaux et bien différents à l'oreille on malgré tout une tonalité similaire un peu plafond assez nostalgique somme toute mais aussi bien mystique avec des sons assourdis (piano et basse) et des effets sonores très zen.
Zen et mystique, sont vraiment les deux qualificatifs qui ressortent de cette analysette.

dunckel darkel
Jean-Benoit Dunckel en 2006 décide de sortir un album solo sous le nom de "Darkel", 10 titres perso donc. très attachée au son du duo j'avais craint un temps que cela nuise au groupe et qu'ils viennent à se séparer, aussi j'ai pendant longtemps boudé ses titres perso (à tort évidemment !) et bien entendu j'en suis revenue enchantée !
On pourrait s'attendre vu l'intitulé de l'album a quelque chose d'assez noir, mais il n'en est rien. On retrouve même quelques morceaux assez dynamiques :"at the end of the sky", "my own sun" ou "tv destroy", mais aussi malgré tout un peu de nostalgie avec "some men", "pearl", "Be my friend", "Earth", "beautiful woman" ou "bathroom". S'ajoute à cela un morceau bien mélancolique "How brave".
Un seul des morceaux est instrumental, sur tout le reste de l'album Jean-benoit apporte sa touche vocale (sans déformer sa voix cette fois comme c'est souvent le cas avec AIR) avec des textes lyriques bien littéraires parfois (pas loin du haïku) transformant sa mélodie en une poésie onirique qui enchante les sens.

Air_en_levitation
Selon moi Nicolas apporte donc la touche zen et mystique en ajoutant la poésie onirique de Jean-Benoit on obtient un son unique qui ne pourrait se passer ni de l'un ni de l'autre, en somme une complémentarité parfaite qui permet de ne pas tomber trop dans le "plafond" contemplatif où l'excès de chimère sirupeuse. 

Et vous, comment voyez-vous ou comprenez-vous la mécanique de l'âme du duo ?